Nouveau coup d’État au Madagascar. Depuis mardi, l’armée a pris le pouvoir dans la grande île. A la tête des putschistes, le colonel Michael Randrianirina.
L’officier supérieur a annoncé « prendre le pouvoir » en l’absence du président Andry Rajoelina, qui, selon la radio RFI, a fui dimanche Madagascar à la suite d’un soulèvement populaire.
Celui qui doit prochainement être investi président assure ne pas vouloir confisquer le pouvoir et promet des élections dans un délai maximum de deux ans.
Nouvel homme fort de la Grande Île, Michael Randrianirina est commandant du Corps d’appui à la protection des institutions (Capsat) qui avait amené le président Rajoelina au pouvoir lors d’un coup d’État en 2009.
Né à Sevohipoty, dans la région d’Androy, à l’extrémité sud de l’île de l’océan Indien -, sa date de naissance exacte n’est pas connue.. Les antécédents familiaux de cet homme âgé de 51 ans n’ont également pas été révélés à ce jour.Formé à l’académie militaire d’Antsirabe (Acmil),
il a été gouverneur d’Androy entre 2016 et 2018, puis est devenu chef d’un bataillon d’infanterie dans la ville de Toliara jusqu’en 2022. Il a ensuite été promu à un poste de haut rang au sein du Capsat, unité d’élite influente au sein de l’appareil sécuritaire du pays.Sur le plan religieux, le colonel Michael Randrianirina est membre de la communauté des évangélistes, communément appelé “Mpiandry”, au sein de l’Église luthérienne de Madagascar.Ancien soutien d’Andry Rajoelina, il en est devenu un critique virulent ces dernières années.
En novembre 2023, soupçonné d’avoir incité l’armée à se mutiner, il avait été arrêté, inculpé, traduit en justice et envoyé en prison le jour même.Libéré en février 2024 après une condamnation à une peine avec sursis pour atteinte à la sécurité de l’État, il avait finalement retrouvé les rangs du Capsat.Le 11 octobre, alors que les manifestations de la GenZ contre Andry Rajoelina prenaient de l’ampleur, le colonel Randrianirina avait appelé les forces de sécurité malgaches à désobéir aux ordres d’ouvrir le feu sur les manifestants, incitant certains soldats du Capsat à rejoindre les manifestations.