Le Togo a accueilli le vendredi 03 juillet, une conférence ministérielle extraordinaire de l’Alliance politique africaine (APA). Les travaux de cette rencontre ont été dirigées par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, en présence du Président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, président en exercice de la CEDEAO
L’événement, placé sous le thème : “L’Afrique face à la crise du Moyen-Orient : impacts, défis et réponses stratégiques”, s’inscrit dans un contexte de multiplication des crises mondiales, avec des répercussions sur les économies africaines. Il a rassemblé des représentants de la Commission de l’Union africaine (UA), les ministres des Affaires étrangères des États africains, les représentants des pays du Moyen-Orient, ainsi que des partenaires internationaux. Ceci, autour d’une ambition claire : contribuer à l’élaboration d’une réponse africaine plus cohérente.
“En accueillant cette conférence à Lomé, notre objectif est de contribuer à une réponse africaine plus structurée. Une réponse de lucidité, parce que nous devons mesurer les risques tels qu’ils sont. Une réponse de résilience, parce que nous devons réduire nos vulnérabilités. Une réponse de souveraineté, parce que nous devons défendre nos intérêts propres. Une réponse de responsabilité, parce que l’Afrique doit contribuer à la désescalade, au dialogue et à la paix”, a affirmé Faure Gnassingbé à l’ouverture de la rencontre.

Il ne s’agit pas seulement de commenter les crises
Le leader togolais, déterminé à porter la voix du continent dans la consolidation de la paix et de la stabilité dans le monde par le dialogue et la coopération, a partagé à cet effet quelques réflexions avec les participants, et insisté sur la nécessité d’accélérer la construction d’une véritable résilience africaine.
“Il serait dangereux de penser que quelques signes d’apaisement suffiraient à refermer ce dossier. La situation autour du détroit d’Ormuz demeure fragile. Même si des accords de désescalade étaient conclus, leur solidité resterait à démontrer”, a-t-il souligné, en appelant à anticiper désormais les crises plutôt que de les subir.

Une Afrique souveraine et unie
“Face aux défis globaux, l’Afrique doit parler d’une voix plus unie. Cela ne signifie pas que tous nos pays doivent adopter exactement les mêmes positions sur tous les sujets. Nos intérêts nationaux peuvent parfois diverger. Mais au-delà de ces différences, il existe des intérêts africains fondamentaux qui nous rassemblent”, a-t-il poursuivi.
Une réflexion appuyée par le Président en exercice de la Communauté ouest-africaine, qui a rappelé qu’“aucune puissance extérieure ne peut définir l’avenir de l’Afrique. Seule l’Afrique peut définir son propre avenir”.
Pour l’Alliance politique africaine qui, depuis 2023, s’est imposée progressivement comme un cadre structurant interafricain de dialogue, il s’agit désormais de plancher sur les orientations stratégiques à proposer, afin de renforcer la résilience du continent face aux évolutions sur l’échiquier géopolitique international.