Un front inédit de députés
proches de l’ancien président Yahya Jammeh et de son successeur Adama Barrow
fait barrage au projet de nouvelle Constitution, censé mettre définitivement la
Gambie sur les rails de la démocratie. Le projet de la nouvelle loi fondamentale,
finalement rejeté par le parlement gambien, avait introduit une limitation à 2
le nombre de mandat présidentiel.
Le processus d’adoption de
la nouvelle Constitution s’arrête en seconde lecture. Il fallait au moins 42
des 58 députés pour adopter le projet de Constitution en plénière. Des proches
de l’actuel président Adama Barrow et des soutiens de l’ancien président Yahya
Jammeh se sont alliés pour la circonstance.
Les partisans du Président
Adama Barrow ne veulent pas de la limitation du nombre de mandats à deux et
d’une élection à la présidence avec plus de 50 pourcent des suffrages. Sanna
Jawara député du camp d’Adama Barrow ne veut rien entendre d’une nouvelle
constitution.
« Les gens confondent
une constitution et un dirigeant. Personne ne peut me convaincre que la
constitution actuelle est mauvaise. Quand Yahya Jammeh avait refusé de quitter
le pouvoir c’est pourtant cette constitution, dite mauvaise, qui a été utilisée
pour le chasser », explique le partisan du président gambien.
En effet, un chapitre
rétroactif considère que le premier mandat du président actuel prend effet avec
son élection en décembre 2016. Le président Adama Barrow et son gouvernement ne
sont pas d’accord. Ils ont soumis une résolution à la Commission de révision
constitutionnelle demandant que le premier mandat d’Adama Barrow soit compté à
partir de 2021.
Les proches de l’ancien
président n’ont jamais voulu de la nouvelle constitution. Momodou Camara est un
député de l’APRC le parti de Jammeh.
« Dans leur stratégie,
les adeptes de la nouvelle constitution se sont dressés contre notre parti et
cela a dérapé. Ils ont voulu me convaincre mais ils se sont trompés de personne
en voulant obtenir mon soutien », dit-il.
Pour rappel, Adama Barrow
est arrivé au pouvoir par le soutien de la CEDEAO, succédant à Yaya Jammeh. Ce dernier
en exil actuellement, avait dans un premier temps reconnu sa défaite au scrutin
présidentiel en 2016, avant de faire marche arrière.
